Parlons politique: brève revue de presse d’une sombre journée

Parlons politique, mais brièvement, puisque je suis encore dans le mile le plus essoufflant de ma session universitaire… Mais parfois vaut mieux ne pas se taire, malgré le manque de temps. Car le temps de l’indignation, il faut toujours se permettre de l’avoir.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça bouille pas mal du côté de la politique québécoise et de la politique canadienne. Pour la seule journée d’aujourd’hui, trois nouvelles m’ont donné envie de pleurer, chacune à sa façon.

1- Avortement et mariage gai: Jean Chrétien met en garde les Canadiens

Je me souviens avoir ressenti pour la première fois de la sympathie envers Jean Chrétien le jour où il a décidé que le Canada n’irait pas faire la guerre en Iraq. Aujourd’hui est le jour de la deuxième sympathie. Les appréhensions de Chrétien sont aussi les miennes. On a beau reprocher au feu gouvernement libéral bien des frasques, les valeurs qu’il défendait ont sans doute trop été tenues pour acquises au moment où des millions de Canadiens ont voté pour le gouvernement Harper. Les conservateurs sont en train de tout bousiller. La situation est horrifiante. Je ne reconnais plus le pays où j’ai grandi, le pays qui, au moment de mes premiers voyages, attirait la sympathie de ceux dont je foulais la terre, ce pays qui n’a jamais été complètement mon pays et qui aujourd’hui, au risque de me répéter, n’est plus mon pays du tout. À une heure où pleuvent de plus en plus violemment les discours intolérants, que ce soit contre les homosexuels, les immigrants ou les musulmans, j’ai envie de dire, peut-être pour la seule fois de ma vie: écoutons Jean Chrétien. Érigeons nous en remparts contre l’intolérance, la violence et l’intégrisme idéologique de Harper et de ses acolytes.

2- L’ADQ se joint à la CAQ de François Legault
CAQ-ADQ. Prononcez ces lettres à voix haute et vous entendrez ce qui nous attend si le prochain gouvernement élu est formé de la fusion de ces deux partis pour le moins dangereux; si on ne fait rien pour empêcher l’irrémédiable de se produire. Ce qui m’étonne de cette nouvelle qui n’en est plus vraiment une tellement on le savait déjà, c’est ce que Jean Charest en dit.

“M. Charest ne comprend pas que M. Legault, un « souverainiste de gauche », obtienne l’appui de « populistes de droite ».” C’est à se demander si M. Charest confond encore sa droite et sa gauche. François Legault est un homme d’affaires, avec une vision d’homme d’affaires, et il restera homme d’affaires, avec toutes les conséquences néfastes que cela pourra avoir sur le Québec, déjà mal en point après tant d’années passées sous le ciel libéral. Souverainiste? Qu’est-ce que ça fait? M. Charest revient souvent sur ledit “souverainisme” de François Legault, comme s’il s’agissait de l’Argument avec un grand A. Eh bien.

3- Les cibles de Kyoto étaient “stupides”, dit Harper  / Canada under fire over Kyoto protocol exit

Troisième nouvelle et non la moindre. Même la BBC en parle. Et d’autres médias internationaux. Les scandales des Conservateurs s’accumulent, s’accumulent… et pourtant, les Canadiens ont réussi, en dépit de tous ces scandales – que le gouvernement a été habile à faire oublier – à faire élire ce gouvernement majoritaire. Comme si tout ce qu’il avait fait étant minoritaire n’était pas encore assez. Quand je pense qu’on en veut encore aux Libéraux pour ses frasques entourant l’affaire des commandites, je ne peux pas croire qu’on ferme les yeux devant des accumulations de faits aussi regrettables que néfastes… une accumulation d’affaires sans doute bien pires, au final, qu’un détournement d’argent. Les Libéraux étaient selon moi un moindre mal au pouvoir. On n’avait pas le droit de lui substituer pire.

Je ne peux pas croire qu’on ne puisse rien faire pour arrêter Harper et sa bande de voyous. Prenez “arrêter” dans le sens que vous voudrez. Pour ma part, je n’aurais aucune difficulté à accepter qu’on leur passe les menottes aux poignets.

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Les êtres humains sont des carottes

Hier, je lisais cette horrible annonce de Facebook sur Cyberpresse (puis sur Radio-Canada, si vous voulez en prime avoir une petite idée de ce à quoi ça pourra ressembler sur votre écran). N’est-on pas en plein dans la culture de la banalité? Qui aurait pu croire qu’un jour on en viendrait à cultiver à ce point la banalité des êtres humains, tout en leur faisant croire à la richesse illusoire de leur unicité? Imaginez Dieu ou je-ne-sais-qui, dans un grand champ, en train de cultiver les vies de tout un chacun à partir des graines que chaque être a semées lui-même. Au bout de quelques semaines ou quelques mois, à l’heure de la récolte, il repartira en riant avec derrière lui une file interminable de camions contenant d’innombrables sacs de carottes, toutes identiques… ou presque. En tout cas, sur le marché, ces carottes seront toutes vendues au même prix.

Je lisais il y a quelques jours ceci sur le blogue de la fondation José Saramago (en traduction libre) :

Culture du spectacle — Je ne veux pas être apocalyptique, mais le spectacle a pris la place de la culture. Le monde s’est converti en un grand scénario, en un show énorme. La moitié de la population mondiale  vit de donner un spectacle à l’autre moitié. Et probablement que viendra un jour où il n’y aura plus de public et où tous seront acteurs, et tous seront musiciens. (Zero Hora, Porto Alegre, 12 avril 1997, dans José Saramago nas Suas Palavras)

(Outros Cadernos de Saramago, 21 septembre 2011)

Et je lisais ceci ce matin, sur le même blogue (encore en traduction libre… ) :

Désert d’idées Jamais dans l’histoire de l’humanité n’avons-nous été autant dans une caverne regardant des ombres que maintenant. Cela n’a pas tant à voir avec le fait que l’image prédomine sur les mots, mais que nous sommes en train de vivre en plein dans quelque chose qui peut s’appeler la culture de la banalité, de la frivolité, et ni la culture ni la banalité ne doivent être utilisées pour ça. Il y a une espèce de désert en ce qui a à voir avec les idées. (La Provincia, Las Palmas de Gran Canaria, 7 janvier 1999)

(Outros Cadernos de Saramago, 23 septembre 2011)

Je n’ai plus à cacher mon admiration et ma sympathie pour le grand homme et écrivain que fut Saramago. Fin observateur du monde, ce qu’il écrit peut faire mal, peut faire rire aussi parfois, peut aussi faire réfléchir et même réconforter.

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Un homme et un film

Je n’ai jamais su s’il était Japonais. Mais j’ai toujours pensé qu’il l’était. Tous les matins, à la même heure, neuf heures, il venait. Tous les matins, j’entendais le son de sa canne cogner le trottoir, toc, toc, toc, et je l’attendais. Il achetait son litre de lait et un journal. Le plus souvent, il avait un sac avec lui. Parfois non. Chaque fois, il plaçait son litre de lait et son journal dans son sac – que ce soit son vieux sac blanc en plastique tout usé, ou le nôtre, tout bleu tout neuf – et, de ses menues mains, de ses mains délicates, il faisait un double nœud, avec une régularité dans le geste et dans le rythme à laquelle il ne dérogeait jamais. Il me fascinait.

Je crois qu’il était Japonais. Je ne sais pas pourquoi – peut-être n’était-ce qu’à cause du matin, de sa lumière, de sa tranquillité –, mais on aurait dit que l’entourait une brume, lumineuse ou grise, dépendamment du ciel. Il était pour moi un homme poétique. Il incarnait la vie, le quotidien, la beauté des petites choses, des petits gestes.

Souvent, j’avais le sentiment étrange qu’il sortait tout droit d’un film que j’avais vu quelques mois plus tôt, ou qu’il aurait pu du moins y entrer sans problème, y trouver sa place. Ce film, que je n’ai jamais oublié, c’est After Life de Kore-eda Hirokazu (en japonais ワンダフルライフ Wandafuru Raifu, littéralement Wonderful Life). Je suis certaine que l’amie avec qui j’étais allée voir ce film s’en souvient encore elle aussi, qu’elle en a gardé un souvenir particulier, même après dix on onze ans.

La semaine dernière, en consultant l’horaire de la Cinémathèque et en constatant qu’il s’y tenait l’événement “Un mois de cinéma japonais”, j’ai tout de suite regardé si ce film s’y trouvait. Il y était.  Je n’ai pas manqué l’occasion d’aller le revoir puisque ce film reste, après toutes ces années, un des films m’ayant laissé la plus grande marque. J’ai eu peur de ne pas l’aimer autant que la première fois. Mais je l’ai encore plus aimé… Ce film met en scène des personnages qui, après leur mort, se trouvent au seuil de l’au-delà et qui doivent, avant de passer définitivement de l’autre côté, choisir un seul souvenir de leur vie qu’ils pourront emporter avec eux. Les témoignages entendus dans ce film constituent un magnifique hommage à la vie, à la beauté et au bonheur. À la poésie de l’existence. J’ai su, après le film, quand le réalisateur, présent à Montréal, répondait aux questions, que certains personnages racontaient une vraie histoire, de vrais souvenirs, ce qui m’a rendu le film d’autant plus touchant…

L’homme japonais du marché, vieux, avec sa canne qui faisait toc, toc, toc sur le trottoir et ses menues mains tremblantes qui nouaient son sac, semblait marcher tranquillement vers la mort, vers cet espace entre la terre et l’au-delà où il devrait choisir un seul souvenir de sa vie à emporter avec lui. Je me suis demandé plus d’une fois ce qu’était sa vie, ce qu’elle avait été, qui il avait été, lui, le long de son existence. Évidemment, je n’en ai pas la moindre idée.

Un jour, je me rappelle, l’homme poétique, que j’attendais et qui avait commencé à sauter des matins, est venu. À la caisse – était-ce avant ou après avoir noué son sac? – il est tombé par terre. Ébranlée, je l’ai aidé à se relever. Fier, ou honteux, il est reparti aussitôt sans vouloir s’éterniser, et je l’ai entendu s’éloigner au son de plus de plus sourd des toc, toc, toc de sa canne sur le trottoir.

After Life – Deuxième et dernière représentation à la Cinémathèque québécoise le  jeudi 22 septembre 2011, 20h30.

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La médiocrité d’un système

La Presse publiait la fin de semaine dernière deux articles (ici et ici) sur l’incompétence, voire la médiocrité de nombre d’enseignants dans les écoles québécoises. Puis, hier, on abordait le sujet chaud de l’évaluation des enseignants. Les (trop) gros caractères des titres trahissaient sans doute la volonté de faire encore une fois sensation auprès du lectorat de ce journal un peu trop criant à mon goût et souvent – hélas – pas assez critique. Le sujet de ces articles en étant un qui m’interpelle depuis longtemps, j’avoue avoir ressenti un certain malaise après les avoir lus, comme s’ils n’avaient pas été écrits pour la bonne raison et – comme c’est le cas la grande majorité du temps lorsqu’on tente d’aborder un sujet relié au thème de l’éducation – comme si on passait complètement à côté du problème.

Comme n’aura pas manqué de le relever le professeur masqué – dont je partage, pour l’essentiel, le point de vue – ces articles s’inscrivent fort bien dans un discours à la mode : Ce qui me désole des textes de Mme Breton, écrit-il, c’est leur absence de rigueur mais aussi qu’ils véhiculent un discours à la mode sans aller au-delà des clichés les plus éculés. Méfions-nous de ce type de discours.

Comme nous l’a enseigné l’histoire récente (i.e. les dernières élections fédérales), les Québécois semblent toujours prêts à surfer sur la vague. Il y eut d’abord, il y a quelques années, la vague adéquiste, cet irrépressible besoin de changement et à n’importe quel prix. Obéissant à cette même logique du changement – quel qu’il soit –, ces mêmes électeurs se sont fait porter récemment par la vague orange qui, curieusement, va dans une direction complètement différente. Sans doute est-il trop tard déjà pour sonner l’alerte à la prochaine vague, qui est déjà en route et dont les lettres qui constituent son nom, aux résonances de danger, seront bientôt sur toutes les lèvres : C-A-Q.

Cette fameuse Coalition pour l’avenir du Québec, que les sondages donnent déjà favorite pour remporter les prochaines élections provinciales et ce, avant même qu’elle constitue un parti politique, est sans doute à l’origine de ce discours à la mode, hautement démagogique, dénonçant l’incompétence dans les écoles et prônant une « évaluation rigoureuse » des enseignants. L’idée a bien sûr tout pour séduire. Quel peuple accepterait en effet de se faire dire  que ses écoles sont bourrées d’incompétents? Surtout, il faut remédier à la situation! Pourquoi ne le ferait-on pas? On nous propose une solution toute faite, adoptons-la! Déjà, hier, un sondage sur Cyberpresse posait la question : Les enseignants devraient-ils être soumis à une évaluation? 85% ont répondu oui.

J’avais récemment une discussion avec quelqu’un qui semblait justement croire à cette solution et me demandait ce que j’en pensais. Ce que j’en pense? Plein de mauvaises choses! Non, en fait, il serait plus juste de parler d’une méfiance énorme envers ce genre de solutions toutes faites, un peu trop parfaites dans leur apparence.

Je pense, oui, que trop de profs incompétents peuplent les écoles, que ce soit au primaire, au secondaire, au cégep, à l’université ou à la formation générale des adultes. Mais constituent-ils une majorité? Je ne saurais dire. Je ne crois pas, quand même. Je crois que parmi tous les profs qui ne se trouvent pas à leur place dans le milieu éducatif, le terme d’ « incompétent » ne suffit pas à décrire une réalité qui comporte bien plus de subtilités que ce terme brut à saveur populaire. Il y a ceux qui ne maîtrisent pas leur matière, il y a les éteints et les éteignoirs, il y a les parvenus et les non pédagogues… À cela s’ajoutent les méchants, les sournois, les hypocrites… (mais n’est-ce là que le fait du milieu éducatif?) C’est une bien triste réalité, mais c’est une réalité qui est là.

Que peut-on faire pour venir à bout de ce problème, dans un milieu hyper syndiqué où l’on ne devient qu’un simple numéro qui va choisir son poste à une assemblée de placement? Dans un milieu dont les structures se déshumanisent de plus en plus? Où, on le constatait une fois de plus dans les nouvelles récemment, les bureaucrates pullulent et rendent les écoles plus une affaire d’administration que d’éducation?

L’idée d’évaluer les enseignants a, je l’ai déjà écrit plus haut, quelque chose de hautement séduisant. Or, je refuse de me rallier aveuglément à cette idée. Pourquoi? Parce que je ne fais pas confiance au système. Je ne fais pas confiance à la société. Et je ne fais pas confiance à l’esprit gestionnaire. Une évaluation? Mais qu’on me montre d’abord les critères à la base de cette évaluation et surtout, qu’on me dise qui va évaluer les milliers de profs du Québec. Des bureaucrates? Des administrateurs? D’anciens profs recyclés en (de pauvres) conseillers pédagogiques pour un meilleur salaire? Qui? Dites-moi, qui? Je ne peux m’empêcher de redouter les effets pervers d’une telle mesure, dont le plus monstrueux serait que des profs compétents en arrivent à être jugés par des personnes incompétentes, sur la base de la différence, du conflit d’intérêt ou du trip de pouvoir. Un autre résultat possible d’une telle mesure est de devoir laisser en place, comme ça s’est d’ailleurs déjà vu, de mauvais enseignants, devant plier sous l’argument de la pénurie. La quantité doit primer sur la qualité! Le geste de l’évaluation devient alors complètement vide de sens.

Alors que faire de l’ « incompétence »? C’est tout un système qu’il faut réformer, pas juste appliquer un onguent sur le bobo. Je ne cesserai jamais de le penser, que ça se joue d’abord et avant tout dans la formation des maîtres. À quoi bon investir dans une évaluation systématique des enseignants déjà en poste, quand on pourrait éviter nombre de problèmes avec une meilleure sélection des étudiants en éducation? Les facultés d’éducation sont remplies d’étudiants faibles (en tant que correctrice d’examens et de travaux, je me crois très bien placée pour pouvoir en témoigner) et, pire encore, d’étudiants qui n’ont pas la flamme et, pire encore, d’étudiants qui n’ont pas à cœur le savoir et sa transmission. D’ailleurs, dans mon bac en éducation, l’accent était plus souvent qu’autrement mis sur les « savoir-faire », le « savoir-être » et ce genre de vocabulaire vide si cher aux fabricants de programmes. Le savoir semblait toujours relégué au second plan… Le peu d’heures consacrées à l’enseignement disciplinaire au cours de la formation de quatre ans est d’ailleurs très significatif de cette façon de penser. Et ces cours d’enseignement disciplinaire sont, bien souvent, beaucoup moins réussis par les étudiants qu’un cours de gestion de classe, par exemple. Mais qu’on réussisse un cours avec un A ou un D, cela n’a pas d’importance auprès de notre chère et si crédible ministre de l’Éducation (nommée d’ailleurs depuis quelques heures nouvelle vice-première ministre… ouille!) En effet, madame Beauchamp ne cesse de nous marteler les oreilles avec l’obsession de son gouvernement à « diplômer au plus vite ». Tant que l’université est vue comme une usine à produire des diplômés, je ne vois pas la pertinence d’instaurer une évaluation des enseignants. Tant que la formation reçue dans les facultés d’éducation ne sera pas digne de ce nom, tant que les évaluations qui y sont faites n’auront pas cessé de devoir satisfaire certains quotas de réussite imposés par les directions de département, tant que la médiocrité et l’hypocrisie auront une place – grande ou petite – dans les universités, je ne vois pas pourquoi les enseignants devraient subir une évaluation au sortir de ce processus complètement malade (qui laisse d’ailleurs maintenant aux étudiants faibles en français autant de chances qu’ils le désirent de repasser le test de français obligatoire à l’obtention du brevet…).

Ce qui me frappe le plus, c’est de voir que les visions de la CAQ et du parti libéral participent de la même logique de performance. On ne s’en sort pas. D’un côté, il y a Legault et ses acolytes qui parlent d’une évaluation en fonction de la performance des enseignants (dont l’indicateur ultime est les résultats obtenus par les élèves). De l’autre côté, madame Beauchamp parle de diplômer au plus vite (peu importe la qualité), pour donner aux cégeps et aux universités, ou plutôt pour donner à la société, l’illusion de la performance. Jamais on ne parle de savoir, de patrimoine, de connaissances, de transmission, de sensibilité et d’humanité.

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Le téléphone du kilomètre 20

À la sortie de Québec, halte-pipi. Je dis à mon amie:

− On pourrait peut-être mettre de l’essence.

Et elle de répondre:

− Je pense que c’est pas nécessaire tout de suite. Au prochain arrêt.

− OK.

Insouciantes, nous continuons la route. Nous sommes sur la 175 Nord, dans le parc de la Jacques-Cartier. Nous entrerons bientôt dans la réserve faunique des Laurentides, où nous prendrons plus loin la 169 Nord, direction Alma. C’est là que nous commencerons le lendemain notre tour du lac Saint-Jean en vélo. Nous continuons donc la route gaiement, sans stress. Nous ne pensons même pas à arrêter à l’Étape pour faire le plein. En fait, je ne me souviens même pas avoir vu que je pouvais m’arrêter. Je devais être soit trop concentrée sur la route pleine de travaux, ou trop déconcentrée par mes vieux mix de chansons sur cassette qui me donnaient envie de chanter.

169. Coup d’oeil au tableau de bord. L’aiguille est à un ou deux millimètres de “E”. “E”, évidemment, pour “empty”. Oups. Petite panique. Nous sommes à l’heure où le soir commence à tomber. Mon amie et moi dépaniquons un peu lorsque nous voyons une affiche indiquant qu’un téléphone “SOS” se trouve à quelques kilomètres. Nous parvenons à atteindre ledit téléphone, au kilomètre 20. Encore 77 km jusqu’à Alma.

Soulagée, je me dirige vers le téléphone pour appeler la Sûreté du Québec. Nous désirons au moins savoir où nous sommes, et combien de kilomètres il nous reste à parcourir jusqu’à la station-service la plus proche. Surtout que l’aiguille a fait son chemin sur le cadran, qu’elle pointe maintenant le “E” et que la petite lumière rouge est allumée.

Me dirigeant vers la cabine qui semble briller comme une perle dans la pénombre, je découvre rapidement un téléphone aux allures un peu louches.

Mais, même sale et rouillé, ce téléphone m’apparaît comme notre seul salut possible. Voici ce qui est indiqué sur la pancarte à côté du téléphone:

Je décroche le téléphone pour composer le *4141. Mais… l’étoile ne fonctionne pas! J’essaie alors le 310-4141. Mais… Le «0» ne fonctionne pas! Alors, nous décidons de téléphoner au 411 pour qu’on nous transfère à la Sûreté du Québec. Mais… la madame nous dit qu’elle ne peut pas et de téléphoner plutôt au 511. Mon amie s’exécute. Une voix lui fait alors savoir qu’il faut insérer 50¢ pour acheminer l’appel. Je sors alors mon porte-monnaie, toute contente d’avoir des pièces de 25¢, mais… mon amie constate rapidement qu’il n’y a pas de fente pour insérer les pièces!

Je pense alors aussitôt à ma carte de crédit. Mais oui, il y a un endroit pour l’insérer! Mais…

Le téléphone est dans un tel état de décrépitude que le lecteur de carte n’arrive évidemment pas à lire ma carte…!

C’est alors que je remercie le ciel d’avoir un cellulaire! Je n’ai pas le réflexe de le sortir, mais là, j’y pense, presque honteuse de ne pas y avoir pensé avant. Mais…

Il n’y a pas de signal dans le parc!

Nous pensons alors au 911, sans être certaines que notre situation en vaut l’urgence, mais nous n’avons plus beaucoup d’options. Mon amie se charge de l’appel, et une voix lui fait savoir qu’elle doit composer le «0» pour une raison quelconque. Mais…

Le «0», souvenez-vous, ne fonctionne pas… Comme l’étoile, on appuie sur la touche, doucement, vigoureusement, violemment, mais rien ne se passe…

Et, comble de l’«horreur», je me rends compte que des bibittes − mortes ou vivantes − pendent du fil du combiné et se frôlent donc à qui le tient…

Nous rions beaucoup, à la fois de nervosité et d’absurdité.

Ne reste plus qu’à faire des signes de bras aux voitures qui passent.

C’est le moyen le plus efficace. La deuxième ou la troisième voiture qui passe s’arrête. Nous expliquons la situation. Les gentils occupants de la voiture nous conseillent de continuer vers Alma, plus tranquillement. La prochaine station-service se trouve en fait à Hébertville, à 57 km d’où nous sommes. Nous venons de gagner 20 km… On nous conseille aussi de ne pas donner de gaz dans les côtes descendantes, de se laisser simplement aller… Dieu merci, des côtes descendantes, il y en a pas mal!

Et c’est ainsi que la petite lumière rouge est restée allumée pendant une bonne soixantaine de kilomètres, et que nous nous sommes rendues à Hébertville, lentement mais sûrement. Rendues à destination, nous avons mangé une bonne poutine et un Pogo (menu très satisfaisant dans ce genre de situations), et nous avons trouvé un camping pour la nuit.

La Véloroute des bleuets nous attendait le lendemain!

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Du vélo et d’un livre délicieux

Au printemps, ma libraire m’a conseillé un livre que je trouve absolument délicieux. Je ne l’ai pas encore terminé, je le savoure à petites doses, ce que le livre me permet de faire puisqu’il s’agit d’un recueil de petits récits, tous portant sur le vélo. Le titre, Besoin de vélo, me parle beaucoup, surtout en ces jours de soleil où je suis obligée de me discipliner pour faire mes lectures d’université (dans le cadre d’un cours de lectures dirigées). J’ai beau me dire que mes vacances (en vélo), je les prendrai au mois d’août et que vaut mieux donner un gros coup de lectures d’ici là, le besoin de rouler, de partir, de sortir de la ville, d’être dehors, de voir, de sentir, de faire mes réserves d’été, tout ça, le besoin, donc, est toujours là, et il se fait de plus en plus criant chaque jour.

Aujourd’hui, je suis partie. Je ne tenais plus. Jusqu’à Cap Saint-Jacques. Puis je suis revenue. Une bonne journée de vélo! Le soleil, la chaleur, l’inconnu (je n’étais jamais allée là-bas), les pauses de réapprovisionnement en eau, la pause sandwich à la crème glacée, l’effort, les petites douleurs, le moment de grâce sur la plage de pierres alors que les rayons chauds faisaient luire les flots, les pieds dans l’eau, les tranches de melon d’eau, le moment d’écriture dans le petit calepin noir, et puis le moment de lecture…

Je vous sers un extrait du délicieux Besoin de vélo de Paul Fournel, un écrivain que je ne connaissais pas (ce pour quoi il faut rendre grâce aux bons libraires de ce monde) et dont l’écriture est tout à fait rafraîchissante.

Poids léger*

Être assis sur la selle, ne pas porter le poids de son propre corps donne à la pratique de la bicyclette quelque chose de la nage, quelque chose du vol. La selle vous porte, comme l’eau, comme l’air; la selle, mais aussi le cadre, mais aussi le pneu, mais aussi l’air comprimé dans le pneu qui vous donne des ailes.

La différence, cependant, entre le vélo et la nage est que le cycliste, les yeux ouverts et les cheveux au vent, va plus vite que l’homme, alors que le nageur se traîne, ferme les paupières et se bouche les oreilles.

La différence entre le vélo et le vol est que le vélo est possible et le vol pas encore.


*Extrait de Paul Fournel, Besoin de vélo, Paris, Seuil (coll. Points), 2001, p. 31.

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Le monsieur corde à linge

Mon ancienne voisine de cour avait deux cordes à linge. Une de celles-ci avait une poulie qui était directement attachée à mon poteau d’escalier, si bien que c’était à s’y méprendre sur son bénéficiaire en règle. Mais j’ai eu tôt fait de savoir que les deux cordes à linge étaient à elle. En quatre ans de voisinage, c’est bien la seule chose que j’ai su d’elle. Surtout, il ne fallait pas utiliser une de ses cordes, même lorsque les deux étaient vides!

C’est ainsi que durant quatre ans, j’ai silencieusement eu envie de ma propre corde à linge devant ma voisine pas très sympathique qui en avait deux, et que pendant ces quatre années mon désir est toujours resté passif, parce que mon propriétaire, que je n’ai vu qu’une seule fois en quatre ans, n’était pas du genre à s’exécuter sur ce genre de choses. Je sais que si je lui avais demandé, il aurait demandé à ses hommes de confiance de venir, et ceux-ci n’auraient pas su comment faire… Je me demandais, justement, comment on faisait pour poser une corde à linge.Dans l’appartement qui a suivi celui-là, le bonheur d’avoir enfin une corde à linge était immense! Rien ne vaut l’odeur des draps séchés au vent et au soleil… Cette odeur de frais qui donne le goût de rester le nez plongé dedans… Avec ma corde à linge, je n’ai eu aucun problème. Heureusement, car si, par malheur, elle était tombée, mon propriétaire, qui habitait juste en-dessous, se serait fait, comme c’était son habitude, son propre homme de confiance. Il aurait sorti son échelle, se serait rendu compte que son échelle était trop petite et qu’il n’arrivait pas à installer la corde à linge, serait venu me voir pour me dire que son échelle était trop petite, qu’il ferait venir quelqu’un la semaine prochaine, pour me dire encore, plusieurs mois plus tard, que la personne allait venir la semaine suivante, etc. Et je n’aurais jamais su comment on fait pour poser une corde à linge.

En quittant cet appart, j’avais peur de regretter ma super corde à linge. Mais l’heureux sort a voulu que je tombe sur un appart qui en avait aussi une… :) Mais voilà qu’après trois ou quatre utilisations, mon propriétaire est monté chez moi portant dans ses bras tous les draps que j’avais mis à sécher : ma corde était cassée! Il m’a dit qu’il allait arranger ça et après deux semaines à vivre dans ce nouvel appart, je ne me suis pas posé de questions, il a déjà prouvé sa fiabilité plus d’une fois. Quinze minutes plus tard, je recevais son appel. Il me disait qu’il avait contacté quelqu’un pour la corde à linge, qui allait venir dans la semaine.

Et voilà qu’aujourd’hui est enfin apparu le monsieur de la corde à linge. Quand je l’ai aperçu par la fenêtre, en haut de son échelle, en train de fixer la première poulie au poteau, je me suis dit que c’était la première fois que je voyais quelqu’un poser une corde à linge, et qu’en fait, je n’avais jamais pensé que quelqu’un puisse faire de la pose de cordes à linge sa profession. Poussée par la curiosité, je suis sortie sur mon balcon pour manger, l’observer et peut-être même lui parler. Vous ne comprenez peut-être pas ici l’objet de mon enthousiasme. Non seulement je voyais un homme poser une corde à linge et, de son geste, enfin répondre à un vieux questionnement, mais je dois dire aussi que j’ai toujours été fascinée par le mystère des choses simples, ces choses que l’on voit tous les jours comme si elles avaient toujours été là, mais dont on ignore quand et comment elles sont arrivées là, ou ont pris cette forme devant nos yeux, ce goût sur nos papilles, cette odeur qu’on respire…

Quand l’homme est venu dans ma direction pour fixer la corde à la deuxième poulie, je lui ai dit que c’était la première fois que je rencontrais un monsieur corde à linge et que j’en étais très contente. Très sympathique, il a fait quelques blagues et m’a mentionné au passage qu’il était le seul à Montréal. Avant son départ, il m’a donné un dépliant rose à lire attentivement contenant une liste de conseils pratiques pour l’utilisation d’une corde à linge. J’étais enchantée. J’avais à faire à un véritable professionnel de la corde à linge! Le seul à Montréal… Je me sentais privilégiée d’avoir fait cette rencontre.

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Tarte choco-fraise-rhubarbe-amandes

Avez-vous déjà tenté des créations culinaires? Ça m’arrive quelquefois. Parfois, il ne s’agit que d’une recette modifiée. D’autres fois, il s’agit d’un mélange de recettes qui finissent par former quelque chose de nouveau. D’autres fois, des ingrédients appréciés séparément nous donnent envie de les marier sans avoir aucune idée de ce que ça va donner. Le mariage entre asperges et pecorino a en tout cas créé un mariage heureux (notez qu’un troisième ingrédient se marie très bien aux deux autres : l’ail rôti).

Il y a deux jours, j’ai expérimenté quelque chose qui est à la fois une recette modifiée et le mélange de recettes. Recette modifiée parce que je me suis inspirée d’une recette de tarte choco-poire. Mélange de recettes parce que j’ai remplacé les poires non pas par un autre fruit coupé, mais par ma recette de compote fraise-rhubarbe. Résultat (dont je ne suis pas peu fière):  une tarte chocolat-fraise-rhubarbe-amandes.

Voici donc comment procéder:

Compote

Ingrédients:

- Rhubarbe coupée en petits morceaux

- Fraises

- Cannelle

- Jus d’orange fraîchement pressée

- Sucre (non raffiné de préférence)

À noter que je ne précise pas les quantités comme je suis d’avis que, dans ce genre de recettes, tout peut varier selon le goût de la personne qui l’exécute.

Procédure:

1. Si désiré, peler la rhubarbe pour en enlever les filaments. La couper en petits morceaux. Placer dans un bol et saupoudrer de sucre. Laisser dégorger 10-15 minutes. Verser la rhubarbe et l’eau obtenue dans une grande casserole.

2. Faire fondre la rhubarbe à feu doux, en remuant régulièrement. L’opération peut durer une trentaine de minutes. Ajouter les fraises coupées préalablement en petits morceaux quand la rhubarbe a commencé à fondre et à avoir une consistance de compote.

3. Cuire jusqu’à consistance désirée. Ajouter le jus d’orange, un peu de cannelle et du sucre, au goût.

Tarte choco-fraise-rhubarbe-amandes

Ingrédients:

- pâte à tarte (maison ou achetée, même s’il est toujours préférable de faire sa propre pâte selon moi, ce que je n’ai pas fait cette fois :oops: )

- 100 g de chocolat mi-amer

- 125 g d’amandes réduites en poudre

- 100 g de beurre mou ou fondu

- 2 oeufs

- 125 g de sucre en poudre

- compote fraise-rhubarbe

Procédure:

1. Préchauffer le four à 360˚F.

2. Couper le chocolat en petits morceaux et faire fondre au bain-marie.

3. Pendant ce temps, mélanger les amandes moulues et le beurre. Ajouter les oeufs et le sucre. Bien battre.

4. Abaisser la pâte au rouleau et placer dans un moule à tarte.

5. Verser le chocolat fondu dans le fond.

6. Ajouter une couche de compote.

7. Ajouter le mélange d’amandes.

8. Décorer selon l’inspiration du moment.

9. Cuire pendant 30-35 minutes.

10. Savourer!

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Balade à Longueuil

Il m’a fallu quelque temps pour le réapprivoiser, réapprendre de lui ce que j’avais appris l’année dernière : comment lui donner de l’air, comment le tenir, comment me défusionner de lui en tournant le pied, comment le faire accélérer ou décélérer  sans trop le brusquer. Ça faisait plusieurs semaines que je le contemplais, appuyé qu’il était contre un mur, calmement et dignement. Plusieurs semaines que je le désirais de loin sans pourtant y toucher. Après plusieurs mois de séparation, j’ai enfin retrouvé mon vélo aujourd’hui. Mon vélo voyageur. Mon petit préféré qui ne me mène ni à l’université, ni à l’épicerie, ni nulle part à Montréal. Celui à qui je réserve les plus grandes occasions.

Et aujourd’hui, l’occasion en valait les quelques kilomètres. 12 kilomètres aller, 12 kilomètres retour, une toute petite balade me menant au pique-nique inaugural de la nouvelle maison de ma mère. Sur mon vélo, sous le soleil, par-dessus le fleuve,  je me sentais des ailes qui étaient littéralement coupées lorsque j’étais au repos, tout enrhumée que je suis. Entre l’aller et le retour, je n’aurais voulu que dormir.

J’ai toujours eu une vision un peu brune ou grise de Longueuil. Si vous me demandez pourquoi, c’est peut-être à cause de l’effet banlieue, ou de l’effet métro quand j’en sors ou quand j’y entre. Mais aujourd’hui, la ville m’a paru beaucoup plus belle qu’elle m’a toujours paru. Verte, fleurie et calme. Le quartier était beau. Je me serais crue ailleurs. Juste ailleurs. Dans un endroit rassérénant qui n’avait pas de nom. Ça, c’était peut-être l’effet voyage, l’effet vélo. Juste de me rendre là-bas par mes propres moyens, de traverser le pont par cette resplendissante journée d’été et surtout, de renouer avec celui qui m’avait tant fait voir de paysages l’année dernière, ça ajoutait une autre dimension. Mais je sais déjà, quand même, que – vélo ou pas, ça n’a pas d’importance, le vélo n’ayant été après tout qu’un moyen – j’ai découvert un endroit serein qui fera désormais partie de ma vie. Et c’est tout près de chez moi, à quelques kilomètres à peine.

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Drôle d’idée

L’accès à Internet, un droit humain à placer à côté de l’accès à l’eau potable ou à l’éducation? Hum. C’est ce que recommande un rapport de l’ONU, rapporte Fabien Deglise sur son blogue. Je trouve l’idée pour le moins étrange, pour ne pas dire complètement incohérente ou même insultante. Si plusieurs centaines de millions d’êtres humains sur la planète n’ont même pas accès à l’électricité, comment peut-on en arriver à même penser l’accès à Internet comme étant d’ordre prioritaire? Si plusieurs centaines de millions d’êtres humains n’ont pas accès à un ordinateur (pas d’accès du tout, ou accès aux ordinateurs-déchets des pays riches), et pire encore, si l’accès à l’éducation est encore déficient dans plusieurs pays du monde, comment penser Internet comme un “un outil indispensable [...] pour combattre les inégalités, pour accélérer le développement, pour permettre à l’homme de s’accomplir”? Internet sans éducation, qu’est-ce que ça vaut? L’éducation d’abord, s’il vous plaît! Et si une trop grande partie de la population mondiale n’a pas même de quoi se mettre sous la dent, l’argent dépensé en électricité, ordinateurs et Internet ne constituerait-il pas un outrage à la vie?

Manger est un droit humain, mais la famine et la sous-nutrition existent toujours. L’accès à l’eau potable est un droit humain, mais l’eau potable est une oasis dans le désert pour trop d’êtres humains encore. L’éducation est un droit humain, mais malgré les efforts faits pour en garantir l’accès au plus grand nombre possible, tous n’ont tout simplement pas les moyens de pouvoir en bénéficier, et les gouvernements savent d’ailleurs très bien qu’ils n’ont pas avantage à éduquer toute la population de leur pays. Et si Internet devient un droit humain? Ce sera la même chose, tous ne pourront y avoir accès, et on pourra encore une fois parler d’un droit bafoué.

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